Escale #10 : BRESIL – BELO HORIZONTE

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Présentation rapide :

Je m’appelle Océane, j’ai 20 ans et suis étudiante en Master 1. Je reviens tout juste d’un semestre au Brésil sur le nouveau campus ouvert par Skema. Et j’enchaîne avec un stage en M&A car je souhaite travailler en Corporate Finance ou en Business Strategy. J’étais pas mal investie dans la vie associative de l’école mais j’ai préféré partir pour avancer plus vite dans mon projet professionnel.

Pourquoi cette destination ?

J’étais d’abord censée rester à Lille au S3, puis partir à Suzhou au S4, comme la plupart de mes amis. Quand l’annonce officielle de l’ouverture du campus au Brésil a été faite, j’ai tout de suite saisi l’occasion. En effet, plus le temps le passait, moins je voulais partir en campus avec ceux avec qui j’avais déjà passé un an et demi à faire la fête. Je voulais voir autre chose et je me suis un peu lancée aveuglément dans cette aventure, alors que je n’avais aucun recul de la part des anciens comme c’était le lancement. Je n’étais jamais partie sur le continent sud-américain mais j’avais déjà été plusieurs fois émerveillée par les reportages à la télévision ou des articles que j’avais lu sur ce pays. Ensuite, j’ai une très bonne connaissance qui venait de revenir de 6 mois en échange au Brésil et son témoignage m’a complètement conquise. Pour finir, j’étais vraiment attirée par la culture, la chaleur et tous les petits préjugés qui font du Brésil un mythe.

Quelles sont les démarches pour aller y étudier? Besoin d’un visa ?

Il y a effectivement besoin d’un visa que l’on fait au Consulat du Brésil à Paris et que l’on reçoit en rapidement (15 jours en général), mais les procédures administratives au Brésil sont particulièrement longues, compliquées et pesantes. Une fois sur place, il faut faire un carte d’identité provisoire que l’on paye cher, et qui est au final inutile.

Comment as-tu vécu ton arrivée sur place ?

Mon arrivée sur place s’est relativement bien passée. J’étais juste un peu triste de quitter la plupart de mes amis restés à Lille. C’était difficile et audacieux de partir comme ça, mais je n’avais plus envie de perdre mon temps en France et je savais que j’allais tous les retrouver de toutes manières. J’ai vraiment pensé à moi pour une fois. Mais j’avoue que c’était un peu étrange de changer de potes, de pays, d’environnement, d’école. Tout était chamboulé d’un coup, mais je me suis bien adaptée. Je n’ai pas rencontré de difficultés particulières, à part peut-être la barrière de la langue au début car les Brésiliens ne parlent pas un mot d’anglais (seulement ceux qui ont des professions axées vers l’international) et je ne parlais pas un mot d’espagnol pour m’en sortir, donc j’ai du me débrouiller et apprendre au fur et à mesure. Du coup, on essaye de se faire comprendre, de comprendre, et c’est un peu frustrant au départ.
En revanche, j’ai été très étonnée de l’attitude des gens, leur sens de l’hospitalité, leur gentillesse et l’omniprésence de leurs sourires. J’étais tellement habituée aux Parisiens mal élevés, qui ne t’adressent même pas un regard et te bousculent gratuitement sans s’excuser entre deux correspondances dans le métro, que ça m’a marqué.

Que peux-tu nous dire sur le mode de vie ? Le campus d’accueil?

La vie est très agréable car il fait tout le temps chaud, voire très chaud (mis à part quelques pluies torrentielles la nuit). Tout le monde est habillé décontracté, la plupart du temps en short et tongs. Les Brésiliens sont assez lents et prennent leur temps pour tout. De manière générale la vie est plus cool, et ça joue sur le moral, tout le monde est plus détendu. Cependant, Belo Horizonte est une ville plutôt développée (une des plus grandes villes du Brésil après Rio et Sao Paulo), donc on ne s’y sent pas dépaysé, ça reste très « occidentalisé », et ça n’est pas forcément ce qu’on attend du Brésil au premier abord. L’université est très axée MBA c’est pourquoi on ne rencontre pas d’étudiants de notre âge sur le campus et c’est vraiment dommage. Mais les infrastructures sont modernes et on dispose de tout ce dont on a besoin.

Comment s’organise ta vie étudiante ? Et les cours ?

L’avantage c’est que l’on a très peu de cours et ils sont répartis au début de la semaine, du lundi au mercredi plus exactement, ce qui permet de partir en weekends et visiter le Brésil assez régulièrement. Finalement, on a beaucoup de temps pour découvrir le pays et sortir entre amis ou avec des Brésiliens. Les cours sont assez intéressants, du moins, plus qu’en L3. Comme c’est la première année, la promo est toute petite : nous étions environ 25 M1 et 30 M2. Nous n’avions donc pas une répartition Amphis/TD, mais un seul cours pour chaque matière, et ce n’était pas plus mal.

Quelles sont les différences entre étudier en France et au Brésil ?

Tout d’abord nos professeurs étaient Brésiliens et nos cours étaient intégralement dispensés en anglais. Ce qui permet de parler anglais toute la journée, à condition de participer. Les professeurs ont une approche totalement différente de faire leurs cours. Ils ne se contentent pas de nous accabler de connaissances théoriques, mais cherchent le dialogue et le débat avec nous. Ils ont toujours ce désire d’apprendre de nous, autant que l’on peut apprendre d’eux. Ils sont dans le partage de connaissances et non dans une relation hiérarchique profs-élèves à la française. La manière de réaliser ses examens est elle aussi différente : nous avons accès à nos notes/fiches durant les partiels. Car les professeurs ne veulent pas que l’on apprenne nos cours par cœur, cela n’a pas d’intérêt pour eux. Ils souhaitent avant tout que l’on développe une compréhension des enjeux majeurs et que l’on puisse lier l’aspect théorique à la pratique de manière efficace. On doit donc faire appel à notre réflexion. J’ai également remarqué que les professeurs se remettaient beaucoup en question, et accueillaient les critiques avec beaucoup de recul afin de s’améliorer pour les prochaines vagues d’étudiants. J’ai donc préféré étudier au Brésil, largement.

Comment as-tu trouvé ton logement ?

L’école nous a imposé une résidence pour la première année à cause de certains problèmes d’organisation, mais en ce qui me concerne, j’avais d’abord trouvé mon propre logement en centre ville avec un étudiante brésilienne de mon âge. Il est très facile de trouver notamment grâce à des groupes Facebook appelés «Republicàs» ou encore le site «Easyquarto». En général, les retours sont rapides, mais il faut faire attention aux mauvais plans, et veiller à faire plusieurs Skype avec le propriétaire.

Quel est le coût de la vie au Brésil ?

La vie est 4 à 5 fois moins chère qu’en France. C’est donc très avantageux pour nous, mais il faut faire attention à ses dépenses régulièrement, car on s’enflamme vite avec un tel coût de vie. Mais, certains produits d’exportation sont très chers et on ne peut pas toujours se permettre de manger à la « française » du bon fromage, des charcuteries ou encore du Nutella. Les taxis, que l’on utilise la plupart du temps, sont peu chers quand on divise les frais à 4. Mais les voyages et les sorties le soir ne sont pas si donnés que ça, relativement aux prix locaux.

Que faut-il voir et faire à côté de Belo Horizonte ?

Inhotim : un parc dans la région de Belo alternant nature flamboyante et art contemporain, c’est une véritable exposition en plein air.
Ilha Grande et Paraty : commencer par la petite ville coloniale de Paraty puis finir en beauté sur les îles paradisiaques d’Ilha Grande, où ceux qui ne veulent pas seulement se prélasser sur des plages de rêve pourront grimper jusqu’à à 1000 mètres d’altitude dans les montagnes de l’île pour admirer la vue.
Région du Nordeste : l’idéal est de faire un roadtrip partant de Sao Luis jusqu’à Fortaleza en passant par Barreirinhas, Lençois Maranheses, Atins, Caburé, Jericoacoara. Sans doute, un de mes plus beaux voyages entre l’immensité des déserts de sable blanc et des lagons d’eaux chaudes et transparentes, j’en ai pris plein les yeux.
Amazonie : c’est mon grand regret, je n’ai pas eu le temps d’y aller à la fin. Mais je le recommande vivement. Il paraît que c’est exceptionnel aussi.
Rio : à mon avis, la ville la plus complète du Brésil. Montagnes, plages, richesse culturelle, tout y est. Visites indispensables du Corcovado (le matin) et du Pain de Sucre (au coucher du soleil), mais également de Morro de Vidigal (spot avec vue sur tout Rio que l’on atteint seulement en marchant 45 minutes après avoir traversé une favela nommée « Vidigal » en moto-taxi. C’est une ville qui regorge d’endroits sympa pour sortir le soir (Rio Scenarium) ou manger de bons plats (Churrascaria Carretao).
Chapada Diamantina : un petit bijou où s’entremêlent cascades et grottes avec des fonds d’une extrême beauté.
Evidemment, le Brésil est un pays énorme qui fait 15 fois la France et il regorge d’endroits magnifiques de toute part. Ceci est donc loin d’être une liste exhaustive, mais on ne peut pas tout faire en un semestre, surtout si on veut assurer les cours un minimum.

Ce que tu as le plus/le moins aimé pendant ton échange ?

Encore une fois, j’insiste sur l’attitude de la population. J’ai adoré leur manière d’être, de nous accueillir à bras ouverts, toujours un sourire à la bouche. Les voyages et paysages que j’ai pu faire et voir restent évidemment gravés dans ma mémoire. Et bien sûr, je ne me suis pas lassée un seul moment de la chaleur dans ce pays qui vous fait vous sentir bien tout le temps. Ma seule déception réside dans le fait d’être trop souvent accompagnée de camarades français, bien qu’ils puissent être des repères au départ dans un tout nouveau pays, vous vous rendez compte très vite qu’ils vous handicapent quand il s’agit de s’immerger dans le pays et de parler le portugais, car la tentation de rester avec eux est très forte et s’apparente à de la facilité, au lieu de faire l’effort d’aller vers les Brésiliens.

Qu’est-ce que t’as apporté ton échange universitaire à Belo Horizonte ?

Voyager apporte toujours une certaine ouverture d’esprit. Mais ce voyage m’a permis de réfléchir sur des points essentiels pour être heureux dans la vie. En effet, la majorité des Brésiliens ont moins que nous, et pourtant ils ne savent pas râler ou se plaindre. En France, on a tout, et on continue de se comporter comme des pourris-gâtés. Ça fait réfléchir. J’ai également pu voir comment fonctionnait ce pays de l’intérieur avec ses qualités et ses défauts, les écarts de richesse et la corruption. Ce voyage m’a permis d’effacer mes préjugés d’avant départ, et de construire ma propre opinion sur le Brésil. J’ai pu discuté avec des Brésiliens, échanger sur des problématiques importantes dans leur pays et en France, j’ai pu comparé les mentalités, et renforcer ma capacité d’adaptation dans un nouvel environnement. Cet échange m’a enfin apporté de belles rencontres avec des Brésiliens, comme des Français.

Des conseils pour ceux qui souhaiteraient aussi partir au Brésil ?

Je pense qu’il faut rester prudent dans ce pays qui n’est pas sans danger. Il faut vivre naturellement mais tout en ayant en tête les dangers courants. Si chacun adopte une attitude préventive, alors personne ne sera exposé aux dangers. J’entends par là : ne pas exposer sa richesse, ses objets de valeurs, ne pas retirer de l’argent tard le soir ou garder sa carte bleue sur soi sans arrêt, ne jamais rentrer seul la nuit, surtout pas en état d’ébriété, garder toujours un peu de sous sur soi en cas d’agression. Si vous respectez ces quelques règles alors votre séjour devrait bien se dérouler. Mais pas besoin de vivre dans une ambiance d’insécurité, fondez-vous juste dans la masse.

Aussi, essayer de vivre votre expérience à fond, sans rester collés à vos camarades Français. Sortez, bougez, allez parler à des Brésiliens. Ils vous emmèneront peut-être dans leur famille, vous présenterons leurs amis. C’est ce qu’il m’est arrivé, et ça fait du bien d’être immergé. Il faut donc faire l’effort de s’intéresser au pays, à sa population, et votre expérience n’en sera que meilleure. Vous parlerez une langue de plus aussi.

Est-ce que tu recommanderais ce pays pour un échange universitaire ?

Absolument !!! Il faut même y rester un an, sous peine de revenir frustré. Je recommande surtout ce pays en échange universitaire, et je dirais même qu’il faut éviter de partir en campus avec des français de son école.